La trahison des éditeurs (Livre)
Thierry Discepolo
352 pages
Éditions Agone (Troisième édition 2023)
Première édition 2011
Deuxièmé édition 2017
+ offert la carte « Édition française, qui possède quoi »
L’édition est la grande absente des analyses du rôle de l’industrie des relations publiques dans l’« éternel combat pour le contrôle des esprits ». Pourtant, comme les autres médias, le secteur est depuis longtemps aux mains de grands groupes, souvent les mêmes. Et il remplit la même fonction dans le maintien de l’ordre idéologique. Suivant la logique de croissance par acquisition : chacune prépare la suivante, les grands éditeurs perpétuent l’existence d’un type d’acteur qui, du seul fait de sa taille et de son mode d’organisation, forge un monde social et économique face auquel les idées de changement ne pèsent pas grand-chose.
La distinction artificielle entre « groupes de communication » et « groupes éditoriaux » occulte le rôle de ces entreprises dans une société à caractère de masse : transformer les lecteurs en consommateurs et limiter la capacité d’agir du plus grand nombre. Un phénomène qui va en s’amplifiant.
Écrit par un éditeur, ce livre propose à la fois une anti- légende de l’édition et les bases d’une réflexion sur les responsabilités sociales et politiques de tout métier. Un questionnement qui prend une forme plus directe lorsqu’il touche à la diffusion d’idées : de quelles manières et sous quelles bannières défendre quels projets de société.
La première édition de ce livre est parue à la fin de l’été 2011. Un an plus tard, le rachat de Flammarion par Gallimard puis celui de Payot & Rivages par Actes Sud bouleversaient la structure sur laquelle étaient basées ses analyses, et les confirmaient ; onze ans plus tard, alors que Madrigall a racheté Minuit et que le patron d’Editis est sur le point d’absorber Hachette, une nouvelle édition s’imposait !
Fondée sur l’histoire longue et une sociologie de l’édition, cette analyse remet au centre les enjeux de la concentration des groupes médiatiques. Une mise en récit de la valse des marques et des dynasties d’éditeurs qui dévoile les réalités de l’édition d’aujourd’hui.
Et pour changer des pensums politiques et universitaires, c’est à l’ironie que ce portrait est brossé…
Avec l’achat de ce livre est offert un exemplaire de la carte « Édition française, qui possède quoi », qui en constitue la représentation graphique et l’actualisation des analyses
Bien qu’au cœur de la bataille des idées, l’édition est le plus souvent absente des analyses de la reproduction de l’ordre social. Elle est pourtant, comme les autres médias, la propriété de grands groupes, parfois les mêmes.
90 % de la production éditoriale est ainsi aux mains d’une poignée de grandes fortunes plus ou moins liées à des intérêts industriels ou financiers. Cette carte expose l’ampleur de la concentration éditoriale tout en rendant visible la myriade de maisons indépendantes qui y échappe. Si elle tend à l’exhaustivité, n’y figurent que les éditeurs indépendants de littérature et d’essais, à l’exclusion des manuels spécialisés et livres pratiques, des beaux-livres, de la BD, de la jeunesse et du scolaire.
Y sont donc présents, par ordre de création (1826-2024) : dix groupes de littérature générale, leurs patrons, maisons dépendantes et collections ; les éditions académiques ; 220 éditeurs indépendants de littérature générale (également listés par date de création), leurs diffuseurs (en code couleur) ; et un graphe des plus importants chiffres d’affaires (jusqu’à 0,6 M€).
Cette cartographie constituant la représentation graphique et l’actualisation des analyses de La Trahison des éditeurs, un exemplaire de carte « Édition française, qui possède quoi » est offerte pour tout achat de ce livre sur notre site.
Documentation et conception : Agone & Le vent se lève.
Réalisation : Yohan Huvelle, avec Cécile Marin et le Monde diplomatique.